Une fissure peut sembler inchangée pendant des mois… ou évoluer sans qu’on s’en rende compte immédiatement.
Pour le savoir, il faut éviter les impressions du type « elle me paraît plus grande » et mettre en place un suivi suffisamment simple pour rester fiable dans le temps.
Dans cet article
Pourquoi l’évolution d’une fissure est-elle si importante ?
Comment photographier et mesurer correctement ?
Quels outils utiliser pour le suivi ?
Une fissure peut-elle s’ouvrir puis se refermer ?
Combien de temps faut-il surveiller ?
Quand le suivi ne suffit-il plus ?
Vous avez du mal à savoir si une fissure évolue réellement ?
Contactez Faracha Engineering pour déterminer si un suivi est pertinent et quels éléments doivent être surveillés.
Pourquoi l’évolution est-elle si importante ?
Une fissure correspond à une déformation que le matériau n’a pas pu absorber sans se rompre.
Mais le mouvement qui l’a provoquée peut être terminé, encore actif ou parfois cyclique.
Deux maisons peuvent présenter aujourd’hui une fissure presque identique.
Dans la première, elle existe depuis vingt ans et n’a pratiquement pas changé.
Dans la seconde, elle est apparue il y a trois mois et continue à s’ouvrir.
La photographie du jour peut être semblable.
L’histoire du désordre, elle, est complètement différente.
Le suivi ajoute donc au diagnostic une donnée essentielle : le temps.
Pour replacer cette évolution dans une lecture plus générale du bâtiment : Fissure dans un mur : quand faut-il vraiment s’inquiéter ?
Avant de mesurer, recherchez l’histoire de la fissure
Il est souvent utile de commencer par une question simple :
depuis quand existe-t-elle réellement ?
Essayez de savoir si elle était déjà présente lors de l’achat du bâtiment, si elle a déjà été rebouchée ou si des travaux ont précédé son apparition.
Les anciennes photographies peuvent être très utiles.
Une photo de famille, une annonce immobilière ou une ancienne vue de façade peut parfois montrer qu’une fissure ou une ancienne réparation existait déjà plusieurs années auparavant.
Il faut aussi garder en tête qu’une fissure visible récemment n’est pas nécessairement récente.
Une peinture, un enduit ou un rejointoiement peut avoir masqué temporairement un désordre plus ancien.
Photographier correctement est déjà très utile
Une photographie constitue un bon outil de suivi, à condition de permettre une comparaison.
L’idéal est de conserver trois niveaux de vue :
une vue générale pour situer la fissure dans le mur ou la façade ;
une vue intermédiaire pour montrer son environnement immédiat ;
un gros plan pour observer son tracé et son ouverture.
Essayez également de conserver un cadrage comparable d’une observation à l’autre.
Une belle photo très rapprochée n’est pas très utile si, six mois plus tard, on ne sait plus exactement où elle avait été prise.
Toujours garder une échelle ou un repère fixe
Le zoom et la distance de prise de vue peuvent donner l’impression qu’une fissure a changé alors que seul le cadrage est différent.
Une règle graduée placée à proximité permet déjà d’améliorer fortement la comparaison.
Pour les mesures, choisissez surtout un point précis que vous pourrez retrouver à chaque relevé.
Par exemple :
au niveau du troisième joint horizontal sous l’angle de la fenêtre.
Une fissure n’a pas la même largeur partout. Dire simplement qu’elle « fait 2 mm » est donc souvent insuffisant.
Pour le suivi, ce qui nous intéresse surtout est la variation mesurée au même endroit.
Avec quoi mesurer ?
Pour une observation simple, une règle ou une jauge de comparaison peut suffire à documenter grossièrement l’évolution.
Lorsqu’une mesure plus précise est nécessaire, on peut utiliser une loupe graduée, un fissuromètre ou une jauge fixée de part et d’autre de la fissure.
Cette dernière permet de suivre directement le déplacement relatif entre les deux côtés.
Un ancien témoin rigide peut montrer qu’un mouvement s’est produit s’il se rompt, mais il renseigne peu sur son amplitude.
Une jauge graduée apporte généralement davantage d’informations.
Dans tous les cas, l’outil est moins important que la régularité de la méthode :
même point, même repère, même manière de mesurer, date connue.
Une fissure peut s’ouvrir puis se refermer
Toutes les évolutions ne sont pas progressives.
Certaines fissures présentent un comportement cyclique : elles s’ouvrent légèrement puis se referment.
Cela peut notamment être lié aux variations de température, d’humidité ou à certains phénomènes saisonniers.
Une mesure réalisée en hiver puis une autre en été peut donc montrer une différence sans qu’il s’agisse forcément d’une aggravation continue.
C’est pourquoi il peut être utile de noter, en plus de la date, les conditions particulières : période de sécheresse, fortes pluies ou saison de chauffage par exemple.
L’objectif n’est pas d’expliquer la fissure à partir de la météo, mais de replacer la variation observée dans son contexte.
Pendant combien de temps faut-il surveiller ?
Il n’existe pas de durée universelle.
Une fissure qui semble évoluer rapidement peut fournir une information importante en quelques semaines.
À l’inverse, si l’on cherche à comprendre un phénomène saisonnier, quelques relevés rapprochés peuvent être insuffisants.
La fréquence dépend donc de la vitesse apparente du mouvement et de la question à laquelle on cherche à répondre.
Le plus important est d’éviter les observations réalisées au hasard.
Quelques relevés correctement comparables valent souvent davantage qu’une longue série de mesures imprécises.
Et surtout, le suivi ne doit jamais devenir une raison d’attendre lorsqu’un désordre semble évoluer rapidement ou présente un risque évident.
Ne surveillez pas uniquement la largeur
Une fissure peut évoluer sans simplement s’ouvrir.
Elle peut s’allonger, se ramifier, apparaître sur la face opposée du mur ou s’accompagner d’autres fissures à proximité.
Il faut également regarder le bâtiment lui-même.
Des portes commencent-elles à coincer ? Un plancher se déforme-t-il ? Une autre fissure apparaît-elle sur un mur perpendiculaire ?
Une fissure qui reste stable alors que le mur continue à se déformer ne permet évidemment pas de conclure que tout est stabilisé.
Si la fissuration accompagne un bombement ou un hors-plomb, il faut suivre la géométrie du mur en même temps que les fissures.
Voir également : Mur bombé et fissures : que peut signifier cette déformation ?
Une fissure stable signifie-t-elle que tout va bien ?
Pas nécessairement.
Elle signifie principalement qu’aucune évolution significative n’a été détectée à cet endroit pendant la période et avec la précision du suivi.
Un mouvement ancien peut avoir cessé tout en ayant laissé le bâtiment dans une configuration qui mérite encore une analyse.
À l’inverse, une fissure qui bouge n’est pas automatiquement dangereuse.
Il faut encore comprendre l’amplitude du mouvement, sa vitesse, son caractère progressif ou cyclique et les éléments concernés.
On peut donc distinguer trois comportements très différents :
stabilisé : les mesures restent globalement constantes ;
cyclique : la fissure s’ouvre et se referme suivant certaines périodes ;
progressif : la tendance générale augmente avec le temps.
Cette distinction est beaucoup plus informative que de parler simplement de « petite » ou de « grosse » fissure.
Quand ne faut-il pas simplement surveiller ?
Le suivi est utile lorsqu’il est raisonnable de prendre le temps d’observer.
En revanche, une analyse plus rapide devient pertinente lorsque le désordre évolue visiblement en peu de temps, que plusieurs fissures apparaissent, qu’une maçonnerie se déplace ou qu’un mur semble se bomber davantage.
Même chose si un plancher présente une déformation importante, si plusieurs ouvertures se mettent soudainement à coincer ou si le désordre apparaît pendant ou juste après des travaux structurels.
Et lorsqu’un élément de maçonnerie semble susceptible de se détacher, la priorité devient la sécurisation de la zone.
Le suivi donne-t-il la cause ?
Non.
C’est sa principale limite.
Une jauge peut montrer qu’une fissure s’est ouverte entre deux dates.
Elle ne dira pas automatiquement si cette évolution provient d’une fondation, d’un plancher, d’un linteau ou d’un autre élément.
Pour comprendre la cause, les mesures doivent être croisées avec la géométrie des fissures, leur localisation, la structure du bâtiment et son historique.
Le suivi répond surtout à :
« Est-ce que cela bouge, et comment ? »
Le diagnostic doit ensuite répondre à :
« Pourquoi ? »
Conservez un petit historique
Un simple dossier suffit souvent.
Gardez :
les photographies ;
les points de mesure ;
les dates ;
les valeurs relevées ;
l’apparition éventuelle de nouvelles fissures ;
les travaux ou événements importants intervenus pendant la période.
Vous disposerez ainsi d’un historique exploitable plutôt que d’une impression du type :
« J’ai l’impression qu’elle est plus grande qu’avant. »
Lorsque le suivi est en cours, évitez si possible de reboucher ou repeindre la zone avant d’avoir correctement documenté le désordre.
Et après le suivi ?
Les mesures doivent conduire à une décision.
Si la fissure semble stable, il reste à comprendre son origine et à déterminer si une réparation est nécessaire.
Si elle présente un comportement cyclique, il faut rechercher le phénomène associé.
Si elle évolue progressivement, une analyse plus globale devient généralement pertinente avant de masquer le désordre.
Le suivi n’est donc pas une fin en soi.
Il sert à mieux décider de la suite.
Vous ne savez pas si vos fissures évoluent ?
Faracha Engineering peut analyser la géométrie et la répartition des désordres afin de déterminer si un suivi est pertinent et quels éléments doivent réellement être surveillés.
L’objectif n’est pas de multiplier les mesures, mais de recueillir les informations qui permettent de comprendre le comportement du bâtiment et de décider de la suite à donner.
Lorsque le désordre évolue, se répète ou s’accompagne d’autres déformations, voir également : Quand faut-il faire expertiser des fissures par un ingénieur ?

