Avant de démolir un mur, une question doit être tranchée :
ce mur est-il porteur ?
L’épaisseur ou le fameux « son creux » ne suffisent pas. Il faut surtout comprendre ce que le mur supporte et comment les charges circulent dans le bâtiment.
Dans cet article
Qu’est-ce qu’un mur porteur ?
Que peut apprendre le sens du plancher ?
Pourquoi regarder au-dessus et en dessous ?
L’épaisseur du mur permet-elle de conclure ?
Les plans et le test du son sont-ils fiables ?
Que faire lorsqu’un doute subsiste ?
Vous avez un doute sur un mur avant travaux ?
Contactez Faracha Engineering pour déterminer son rôle dans la structure avant de le supprimer ou de l’ouvrir.
Commencer par regarder ce que le mur supporte
C’est souvent le meilleur point de départ.
Dans une maison à plancher bois, par exemple, les solives reposent généralement sur deux appuis. Un mur placé sous leur extrémité a donc davantage de chances d’être porteur qu’une cloison parallèle aux solives.
Le même raisonnement vaut pour d’autres systèmes : hourdis, poutrelles, dalles en béton, poutres métalliques ou charpentes en bois.
Mais le sens de portée ne suffit pas à lui seul.
Une poutre peut modifier localement le cheminement des charges. Une dalle peut travailler dans plusieurs directions. Un mur peut également reprendre un mur situé à l’étage ou un élément de toiture.
Il faut donc regarder la structure dans son ensemble.
Pour approfondir ce point : Comment savoir dans quel sens porte un plancher existant ?
Ce qui se trouve au-dessus et en dessous donne souvent de bons indices
Un mur du rez-de-chaussée situé exactement sous un mur de l’étage mérite évidemment de l’attention.
Même chose s’il se trouve sous une poutre, un appui de charpente ou une autre partie importante du bâtiment.
Il est également utile de regarder ce qui se passe en dessous.
Le mur se poursuit-il dans la cave ? Repose-t-il sur un autre mur, une poutre ou une fondation ?
Plus la continuité est claire entre les différents niveaux, plus il est probable que le mur participe au cheminement des charges.
À l’inverse, une cloison posée sur un plancher, sans élément porteur évident au-dessus ni en dessous, a davantage de chances d’être non porteuse.
Cela reste toutefois un indice, pas une preuve.
L’épaisseur du mur ne permet pas de conclure à elle seule
C’est probablement le critère le plus souvent utilisé.
On entend régulièrement :
« Il fait seulement 9 cm, donc ce n’est pas porteur. »
ou au contraire :
« Il fait 20 cm, donc il est forcément porteur. »
La réalité est plus nuancée.
L’épaisseur et le matériau donnent des indications utiles, notamment dans les maisons anciennes en maçonnerie.
Mais une cloison peut être relativement épaisse sans reprendre de charges. Et certains éléments plus minces peuvent malgré tout participer à la structure.
L’épaisseur doit donc toujours être mise en relation avec le type de plancher, la position du mur et ce qui se trouve au-dessus et en dessous.
Les plans sont utiles, mais le bâtiment réel reste prioritaire
Lorsque les plans d’origine existent, ils peuvent aider à comprendre la disposition des murs, le sens des planchers, la position des poutres ou encore l’organisation de la toiture.
Mais dans une maison existante, les plans ne racontent pas toujours toute l’histoire.
Une ouverture peut avoir été créée, une poutre ajoutée, une cloison déplacée ou une extension construite depuis.
Il faut donc toujours confronter les plans à ce qui est réellement présent sur place.
Cette précaution devient particulièrement importante dans une maison qui a déjà subi plusieurs transformations.
Le « test du son creux » n’est pas fiable
Taper sur le mur peut éventuellement donner une indication sur sa composition, mais pas sur son rôle structurel.
Une contre-cloison peut masquer un mur porteur.
Une cloison en briques peut sonner très plein tout en n’ayant aucune fonction porteuse.
Deux murs construits avec le même matériau peuvent également jouer des rôles complètement différents dans le bâtiment.
Le son du mur ne permet donc pas de décider s’il peut être démoli.
Alors, comment savoir ?
En pratique, l’identification repose sur plusieurs éléments recoupés :
le fonctionnement du plancher ;
la continuité des murs entre les niveaux ;
la présence éventuelle de poutres ;
l’épaisseur et le matériau du mur ;
les plans disponibles ;
les observations réalisées sur place.
Dans certaines situations, un sondage localisé peut être nécessaire pour confirmer la constitution du plancher ou la présence d’un élément caché.
L’objectif est de comprendre où passent réellement les charges dans le bâtiment.
Lorsque le doute subsiste ou que le mur doit être modifié, voir également : Faut-il un ingénieur pour ouvrir ou abattre un mur porteur ?
Même un mur non porteur mérite parfois un peu de prudence
Un mur peut ne pas avoir été conçu comme élément porteur et reprendre malgré tout localement certaines charges avec le temps.
C’est notamment possible lorsqu’un plancher s’est légèrement déformé et vient progressivement en contact avec une cloison.
Il faut aussi penser aux fonctions non structurelles : câbles, canalisations, gaines ou autres équipements peuvent traverser le mur.
Dans une maison ancienne ou déjà transformée, mieux vaut donc vérifier la situation réelle avant de démolir.
Et si le mur est porteur ?
Cela ne signifie pas que le projet est impossible.
Un mur porteur peut souvent être ouvert ou partiellement supprimé à condition de créer une nouvelle reprise capable de transmettre les charges qu’il supportait jusque-là.
Cela peut nécessiter une poutre, des appuis adaptés et un étaiement provisoire pendant les travaux.
Mais avant de choisir une solution, il faut d’abord savoir ce que le mur porte réellement.
Pour aller plus loin : Ouvrir un mur porteur sans danger : ce qu’il faut prévoir avant les travaux
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Faracha Engineering peut analyser la structure existante afin de déterminer si le mur participe à la stabilité du bâtiment et, lorsque c’est nécessaire, étudier la solution permettant de le modifier en sécurité.

