Créer une trémie dans un plancher en béton ou en hourdis est généralement possible.
Mais avant de découper, il faut comprendre quel type de plancher est présent, dans quel sens il porte et comment les éléments interrompus seront repris autour de l’ouverture.
Dans cet article
Quel type de plancher béton avez-vous ?
Pourquoi le sens de portée est-il déterminant ?
Que se passe-t-il lorsqu’on coupe des hourdis ou une dalle ?
Comment reprendre les charges autour de la trémie ?
Pourquoi l’emplacement peut-il simplifier le renforcement ?
Que faut-il prévoir pendant la découpe et l’étaiement ?
Quand faut-il faire étudier la trémie ?
Votre projet prévoit une trémie dans un plancher béton ou hourdis ?
Contactez Faracha Engineering pour vérifier la faisabilité de l’ouverture et définir la reprise adaptée avant les travaux.
« Plancher en béton » peut désigner plusieurs structures
Dans le langage courant, on parle souvent simplement de « dalle béton ».
En réalité, plusieurs systèmes peuvent être rencontrés dans une maison existante.
Il peut notamment s’agir :
d’une dalle pleine en béton armé coulée sur place ;
de prédalles complétées par du béton coulé en œuvre ;
d’éléments préfabriqués creux, couramment appelés hourdis ;
de poutrelles associées à des entrevous ;
ou encore d’un système combinant plusieurs éléments.
Cette distinction est fondamentale.
Dans certains planchers, les charges sont principalement reprises dans une direction bien définie. Dans d’autres, la dalle peut participer à la reprise des efforts dans plusieurs directions.
La première étape consiste donc à identifier le système porteur avant de tracer la trémie.
Pour une vue d’ensemble sur la création d’une ouverture dans un plancher : Créer une trémie dans un plancher : est-ce toujours possible ?
Pourquoi est-il particulièrement important de connaître le sens de portée ?
Prenons le cas d’un plancher composé d’éléments préfabriqués posés côte à côte entre deux murs porteurs.
Chaque élément transmet essentiellement ses charges vers ses deux extrémités.
Une trémie parallèle au sens de portée peut, selon sa position, n’affecter qu’un nombre limité d’éléments.
La même ouverture tournée de 90° peut au contraire en interrompre plusieurs.
Les conséquences structurelles deviennent alors très différentes.
Comme pour un plancher bois, la géométrie architecturale de la trémie ne suffit donc pas : il faut savoir comment les charges circulent dans le plancher existant.
Pourquoi ne peut-on pas simplement découper les hourdis ?
Parce qu’un hourdis n’est pas uniquement un remplissage en béton.
Il s’agit d’un élément qui participe à la reprise des charges du plancher.
Selon le système, il peut comporter des armatures ordinaires ou de précontrainte qui jouent un rôle essentiel dans sa résistance.
Découper l’élément sans connaître sa constitution peut donc interrompre une partie de son système porteur.
C’est particulièrement important pour les éléments précontraints : un câble ou un toron de précontrainte ne doit pas être considéré comme une simple barre que l’on peut couper puis remplacer localement sans étude.
Avant toute intervention, il faut donc identifier autant que possible :
le type d’élément ;
son sens de portée ;
sa largeur ;
ses appuis ;
la position de la future trémie ;
et la manière dont les éléments concernés seront repris après découpe.
Que se passe-t-il lorsque la trémie coupe plusieurs éléments porteurs ?
Les éléments interrompus ne peuvent plus rejoindre leur appui comme auparavant.
Il faut donc reporter leurs charges sur une nouvelle structure placée autour de l’ouverture.
Selon la configuration, cette reprise peut faire appel à des poutres ou à un encadrement structurel disposé en périphérie de la trémie.
Ces nouveaux éléments doivent eux-mêmes transmettre leurs efforts vers des zones capables de les reprendre : murs porteurs, poutres existantes, nouveaux appuis ou autres éléments de structure.
La difficulté n’est donc pas uniquement de renforcer le bord découpé.
Il faut vérifier où les charges initialement reprises par le plancher vont être envoyées après les travaux.
Et dans une dalle pleine en béton armé ?
Le raisonnement est différent.
Une dalle pleine contient des armatures disposées selon le fonctionnement prévu lors de sa conception. Selon ses appuis et sa géométrie, elle peut travailler principalement dans une direction ou répartir davantage les efforts dans deux directions.
Créer une trémie interrompt une partie de cette continuité.
La position de l’ouverture devient alors particulièrement importante.
Une ouverture située dans une zone peu sollicitée n’aura pas nécessairement les mêmes conséquences qu’une ouverture placée près :
d’un appui ;
d’une poutre ;
d’un poteau ;
d’un angle ;
ou d’une autre grande réservation.
Il faut également déterminer quelles armatures seront coupées et comment les efforts devront contourner la nouvelle ouverture.
C’est pourquoi une trémie dans une dalle pleine ne se résume pas à :
découper le béton puis mettre un profilé autour.
La solution dépend du fonctionnement réel de la dalle.
Peut-on savoir comment la dalle est armée ?
Les plans de structure sont évidemment précieux lorsqu’ils existent.
Ils peuvent renseigner sur :
l’épaisseur de la dalle ;
les armatures ;
les poutres ;
les appuis ;
le sens principal de portée ;
les réservations prévues à l’origine.
Dans un bâtiment existant, ces documents sont toutefois souvent absents ou incomplets.
Il peut alors être nécessaire de compléter l’observation par des investigations ciblées.
Selon le cas, l’examen de la sous-face, quelques sondages ou la détection des armatures peuvent aider à mieux comprendre la structure.
L’objectif n’est pas de connaître chaque barre du plancher, mais de disposer de suffisamment d’informations pour ne pas concevoir la nouvelle ouverture à l’aveugle.
La position de la trémie peut changer considérablement la solution
Comme pour un plancher bois, quelques dizaines de centimètres peuvent parfois faire une vraie différence.
Une première position peut obliger à interrompre plusieurs éléments préfabriqués ou à créer une reprise importante.
Une implantation voisine peut permettre de conserver davantage d’éléments existants ou de se rapprocher d’un appui favorable.
Il peut donc être intéressant d’étudier la structure alors que plusieurs positions d’escalier sont encore possibles.
Cette démarche permet parfois d’éviter une solution techniquement réalisable mais inutilement lourde.
Si plusieurs implantations restent possibles, voyez aussi : Où placer une trémie d’escalier dans une maison existante ?
L’objectif n’est pas que la structure dicte entièrement l’aménagement, mais de trouver la position qui concilie au mieux l’escalier et le fonctionnement du plancher.
Attention aux poutres et aux appuis proches de la future trémie
Une trémie située près d’une poutre existante peut sembler avantageuse puisqu’un élément porteur se trouve déjà à proximité.
Mais cela ne signifie pas que cette poutre peut automatiquement reprendre les nouvelles charges.
Il faut vérifier :
son rôle actuel ;
sa portée ;
les charges qu’elle reprend déjà ;
et l’augmentation d’efforts provoquée par la trémie.
Le même raisonnement vaut pour les murs.
Créer un nouvel appui sur un mur porteur peut constituer une bonne solution, à condition que ce mur et la structure située en dessous puissent recevoir cette charge supplémentaire.
Une fois encore, le calcul ne s’arrête pas au bord de la trémie.
Il faut regarder le niveau inférieur
Les nouveaux éléments de reprise peuvent concentrer les charges en quelques points.
Ces efforts doivent continuer à descendre dans le bâtiment.
Avant de définir le renforcement, il est donc utile de regarder ce qui se trouve sous la future ouverture :
mur porteur ;
poutre ;
grande baie ;
pièce entièrement ouverte ;
cave ;
autre trémie.
Dans certains cas, le plancher inférieur ou les fondations n’auront pratiquement aucune incidence sur la solution.
Dans d’autres, ils peuvent devenir déterminants.
C’est particulièrement vrai lorsqu’une grande trémie conduit à créer de nouveaux appuis concentrés.
La découpe elle-même doit être préparée
Le béton ne se découpe pas comme une cloison.
Avant les travaux, il faut définir précisément :
la zone pouvant être supprimée ;
les éléments qui doivent rester en place ;
les éventuelles reprises provisoires ;
l’ordre de réalisation ;
et la position du renforcement définitif.
La méthode de découpe doit également être adaptée à la structure existante.
Une intervention mal préparée peut provoquer des chocs, des vibrations ou des dégradations dans les parties du plancher qui doivent être conservées.
Le principe reste donc le même que pour les autres transformations structurelles : on définit d’abord comment les charges seront reprises, puis on organise la démolition en conséquence.
Faut-il étayer le plancher ?
Pour une trémie importante, la stabilité provisoire doit être étudiée avant de commencer la découpe.
Le plancher initial possède un fonctionnement donné. Pendant les travaux, une partie de ce fonctionnement va être interrompue alors que le nouveau renforcement n’est pas encore nécessairement opérationnel.
Selon le système et la méthode choisie, un étaiement peut donc être nécessaire autour de la future ouverture.
Mais les étais transmettent eux-mêmes leurs charges au niveau inférieur.
Leur disposition et leurs supports doivent donc être cohérents avec la structure du bâtiment.
Cette phase provisoire ne doit pas être considérée comme un simple détail de chantier.
Une petite trémie est-elle forcément simple ?
Pas nécessairement.
La taille compte, mais la position de l’ouverture par rapport aux éléments porteurs compte tout autant.
Une petite réservation qui interrompt un élément particulièrement important peut nécessiter davantage de précautions qu’une ouverture plus grande placée dans une zone favorable.
Il n’existe donc pas une dimension universelle en dessous de laquelle on pourrait découper un plancher en béton sans analyse.
La bonne question reste : quels éléments cette ouverture affecte-t-elle ?
Et si le plancher doit aussi changer d’usage ?
C’est fréquent lorsqu’une trémie est créée pour aménager un grenier.
Le projet ne consiste alors pas uniquement à pratiquer une ouverture.
Un niveau auparavant peu utilisé peut devenir une chambre, un bureau ou une autre pièce habitable.
La vérification doit donc éventuellement porter sur deux sujets distincts :
la capacité du plancher existant pour son nouvel usage ;
la création de la trémie et les renforcements qu’elle nécessite.
Une reprise correctement conçue autour de l’ouverture ne garantit pas, à elle seule, que tout le plancher est adapté à sa nouvelle utilisation.
Alors, peut-on créer une trémie dans un plancher en béton ou en hourdis ?
Dans de nombreux cas, oui.
Mais la solution dépend directement du système constructif rencontré.
Avant les travaux, il faut principalement déterminer :
le type de plancher ;
son sens de portée et ses appuis ;
la position des éléments qui seront interrompus ;
le principe de reprise autour de la trémie ;
et la manière dont les nouvelles charges seront transmises aux niveaux inférieurs.
Plus ces informations sont obtenues tôt, plus il devient possible d’adapter l’emplacement de l’escalier et d’éviter un renforcement inutilement complexe.
Lorsque l’emplacement est arrêté et que la trémie affecte des éléments porteurs, une autre question se pose : Faut-il un ingénieur pour créer une trémie d’escalier ?
Vous envisagez une trémie dans un plancher en béton ou en hourdis ?
Faracha Engineering peut analyser le système de plancher existant et la position envisagée pour l’ouverture afin de déterminer les éléments concernés et de concevoir la reprise structurelle nécessaire.
Lorsque plusieurs implantations restent possibles, cette analyse peut également aider à choisir une position plus favorable avant que le projet d’escalier soit définitivement arrêté.

