Créer une trémie revient à supprimer une partie d’un plancher existant.
Dès que l’ouverture coupe des éléments porteurs, il faut déterminer comment leurs charges seront reprises et transmises vers le reste du bâtiment.
En bref : faut-il un ingénieur ?
Une vérification devient particulièrement pertinente lorsque :
plusieurs solives, hourdis ou éléments porteurs doivent être coupés ;
la trémie est proche d’une poutre, d’un mur ou d’un autre appui important ;
le type de plancher ou son sens de portée est incertain ;
de nouveaux appuis ou renforcements doivent être créés ;
l’ouverture s’inscrit dans l’aménagement d’un grenier ou un changement d’usage.
Dans les cas simples, l’analyse peut parfois confirmer qu’une solution légère suffit.
Le rôle de l’ingénieur est surtout de déterminer ce qui sera réellement interrompu, comment les charges seront redistribuées et si les éléments qui les recevront sont capables de les reprendre.
Dans cet article
Quand une trémie nécessite-t-elle une étude ?
Que vérifie concrètement l’ingénieur ?
Pourquoi le type de plancher change-t-il la solution ?
Les appuis et le niveau inférieur doivent-ils être vérifiés ?
Une petite trémie peut-elle nécessiter un renforcement ?
À quel moment faut-il faire intervenir l’ingénieur ?
Votre projet de trémie est déjà défini ou vous hésitez encore sur son emplacement ?
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Pourquoi une trémie est-elle une modification structurelle ?
Un plancher est conçu pour transmettre son poids et les charges liées à son utilisation vers ses appuis.
Dans un plancher bois, cette fonction peut être assurée par des solives.
Dans d’autres bâtiments, on rencontrera des hourdis, des poutrelles, une dalle en béton armé ou encore une combinaison de plusieurs systèmes.
Lorsque la trémie coupe un ou plusieurs de ces éléments, leur fonctionnement initial est interrompu.
Il faut alors créer une nouvelle reprise autour de l’ouverture : chevêtre, poutre, éléments renforcés ou autre solution adaptée au système rencontré.
Le rôle de l’ingénieur consiste donc d’abord à comprendre ce que l’on va couper et comment le plancher continuera à porter après les travaux.
Pour comprendre les principaux paramètres qui déterminent la faisabilité : Créer une trémie dans un plancher : est-ce toujours possible ?
« Mon entrepreneur sait faire des trémies »
C’est tout à fait possible.
Un entrepreneur expérimenté connaît les méthodes de mise en œuvre et peut avoir réalisé de nombreux projets similaires.
Mais son expérience et le travail de l’ingénieur répondent à deux fonctions différentes.
L’entrepreneur réalise la transformation. L’ingénieur analyse la structure et détermine les efforts que devront reprendre les nouveaux éléments.
Deux trémies de dimensions identiques peuvent demander des renforcements très différents.
L’une peut couper une seule solive à proximité d’un mur porteur. Une autre peut interrompre plusieurs éléments au milieu d’une grande portée.
Le résultat visible sera dans les deux cas un escalier traversant le plancher. Le fonctionnement structurel, lui, peut être complètement différent.
L’expérience de chantier et l’étude de stabilité sont donc complémentaires.
« On va simplement doubler les solives »
Dans un plancher bois, le principe consistant à placer un chevêtre et à renforcer les solives latérales est très courant.
Mais cela ne signifie pas que doubler systématiquement deux solives constitue une solution universelle.
Le renforcement dépend notamment :
du nombre de solives interrompues ;
de leur portée ;
de leur section ;
de la taille de la trémie ;
des charges du plancher ;
de l’état des éléments existants ;
et des assemblages utilisés.
Plusieurs solives coupées peuvent reporter des efforts importants vers les éléments qui bordent la trémie.
Il faut donc vérifier que ces éléments, leurs assemblages et leurs appuis peuvent réellement reprendre leur nouvelle fonction.
Pour comprendre plus précisément ce principe : Créer une trémie dans un plancher bois : comment reprendre les solives coupées ?
Et si le plancher est en béton ou en hourdis ?
La situation devient généralement moins intuitive.
Le terme « plancher béton » peut correspondre à plusieurs systèmes : dalle pleine, prédalles, hourdis, poutrelles et entrevous…
Avant de découper, il faut identifier lequel est présent.
Dans certains systèmes préfabriqués, les éléments portent principalement dans une direction déterminée. Interrompre plusieurs éléments peut nécessiter une reprise spécifique autour de l’ouverture.
Dans une dalle pleine en béton armé, il faut comprendre la manière dont la dalle travaille et tenir compte des armatures interrompues par la future trémie.
Il n’est donc pas prudent de raisonner simplement en disant :
« On découpe le béton et on place un profilé autour. »
La solution doit correspondre au système porteur réellement présent.
Pour ce type de plancher, consultez : Créer une trémie dans un plancher en béton ou en hourdis : quelles précautions ?
Que vérifie concrètement l’ingénieur ?
L’étude commence par la compréhension du plancher existant.
Selon le bâtiment, cela peut nécessiter de déterminer :
le type de plancher ;
son sens de portée ;
ses dimensions principales ;
ses appuis ;
la position des murs et poutres ;
l’état apparent des éléments ;
les transformations déjà réalisées.
Les plans existants sont évidemment utiles lorsqu’ils sont disponibles.
Dans un bâtiment ancien, ils ne suffisent toutefois pas toujours. Certaines informations peuvent devoir être confirmées sur place ou par des sondages localisés.
L’objectif n’est pas de démonter inutilement les finitions, mais de disposer des informations nécessaires pour concevoir correctement la modification.
L’ingénieur ne dimensionne pas uniquement le bord de la trémie
C’est un point important.
Le nouvel encadrement de la trémie transmet ses charges vers d’autres éléments.
Il faut donc vérifier sur quoi il repose.
Une poutre nouvellement créée peut par exemple transmettre une réaction vers un mur existant. Ce mur reporte ensuite cette charge vers le niveau inférieur.
Dans certaines maisons, le chemin est simple et direct.
Dans d’autres, le nouvel appui peut se situer au-dessus d’une grande ouverture, d’une poutre ou d’une zone déjà fortement sollicitée.
L’analyse doit alors être poursuivie suffisamment loin pour s’assurer que les nouvelles charges disposent d’un appui cohérent.
Renforcer correctement la trémie sans vérifier ce qui reprend le renforcement ne suffit pas.
Une petite trémie nécessite-t-elle vraiment une étude ?
La dimension de l’ouverture intervient évidemment dans l’importance de la transformation.
Mais elle n’est pas le seul critère.
Une ouverture relativement petite peut être mal placée par rapport à la structure et interrompre un élément important.
À l’inverse, une ouverture plus grande peut parfois être conçue assez simplement lorsqu’elle est bien orientée et proche d’appuis favorables.
Pour les grandes réservations dans un plancher, et particulièrement lorsque plusieurs éléments porteurs doivent être sectionnés, l’intérêt d’un dimensionnement spécifique devient évident.
Il vaut donc mieux raisonner en fonction des éléments réellement affectés plutôt qu’à partir d’une dimension arbitraire de trémie.
Une simple visite suffit-elle ?
Cela dépend de la question posée.
Si l’objectif est seulement d’identifier le type de plancher ou de comparer plusieurs positions possibles pour l’escalier, une visite peut parfois permettre d’orienter le projet.
Mais lorsqu’il faut réaliser la trémie, l’entrepreneur doit savoir précisément ce qu’il doit construire.
L’étude peut alors comprendre, selon la configuration :
le dimensionnement du chevêtre ou des poutres de reprise ;
le renforcement des éléments existants ;
la vérification des appuis ;
les assemblages ;
les détails nécessaires à l’exécution ;
et les principes de stabilité provisoire.
Le besoin n’est donc plus simplement d’obtenir un avis verbal du type « oui, la trémie est faisable ».
Il faut définir comment elle sera réalisée.
Pourquoi intervenir avant que l’escalier soit commandé ?
Parce que la position de la trémie peut modifier fortement la complexité de la structure.
Si plusieurs implantations sont encore possibles, l’ingénieur peut comparer leur impact.
Une position peut couper plusieurs éléments porteurs alors qu’une autre, légèrement décalée, permet d’en conserver davantage.
Une trémie peut également être rapprochée d’un mur ou d’une poutre offrant une reprise plus favorable.
Cette réflexion est beaucoup plus simple tant que l’escalier n’est pas encore fabriqué et que l’aménagement conserve une certaine flexibilité.
Faire intervenir l’ingénieur suffisamment tôt permet parfois de simplifier le projet et de limiter l’ampleur des renforcements nécessaires.
Si plusieurs implantations restent possibles, voyez aussi : Où placer une trémie d’escalier dans une maison existante ?
Et lorsque la trémie sert à aménager un grenier ?
Dans ce cas, une autre question doit souvent être posée.
Le plancher du grenier était-il déjà prévu pour l’usage envisagé ?
Un espace auparavant utilisé pour du stockage occasionnel peut devenir une chambre, un bureau ou une salle de bains.
Le projet ne consiste alors pas uniquement à créer une ouverture pour l’escalier.
Il peut être nécessaire de vérifier également si le plancher existant possède une résistance et une rigidité adaptées à son nouvel usage.
Il faut donc distinguer :
la création de la trémie et la vérification du plancher conservé.
Selon le bâtiment, ces deux sujets peuvent faire partie d’une même étude.
Qui fait quoi entre l’architecte, l’ingénieur et l’entrepreneur ?
Leurs rôles sont complémentaires.
L’architecte
Lorsqu’il intervient, il conçoit notamment l’aménagement, l’escalier et son intégration dans le bâtiment. Il traite également les aspects relevant de sa mission et, selon le projet, les démarches administratives nécessaires.
L’ingénieur en stabilité
Il analyse le fonctionnement de la structure et dimensionne les éléments nécessaires à la création de la trémie.
L’entrepreneur
Il réalise les travaux conformément aux dispositions prévues.
Dans un projet bien coordonné, l’emplacement de l’escalier ne résulte donc pas uniquement de considérations architecturales ou structurelles : les différentes contraintes sont confrontées suffisamment tôt.
Qu’en est-il de la stabilité pendant les travaux ?
La solution définitive ne constitue qu’une partie du problème.
Il faut également maintenir correctement le plancher pendant la transformation.
Lorsque des éléments porteurs doivent être interrompus, leur reprise doit être organisée suivant un phasage adapté.
Un étaiement provisoire peut être nécessaire avant certaines découpes.
Et ces étais doivent eux-mêmes reposer sur des éléments capables de recevoir leurs charges.
La stabilité provisoire doit donc être prévue avant le début des travaux, particulièrement lorsque la trémie interrompt une partie importante de la structure porteuse.
Ce n’est pas un détail laissé à la fin du chantier : la structure doit rester maîtrisée pendant toute la transition entre l’état existant et l’état transformé.
Alors, faut-il un ingénieur pour créer une trémie ?
Lorsque la trémie nécessite de sectionner ou de modifier des éléments porteurs du plancher, faire dimensionner la reprise par un ingénieur en stabilité est la démarche adaptée.
Son rôle ne consiste pas seulement à confirmer que l’ouverture est possible.
Il doit déterminer :
comment fonctionne le plancher actuel ;
quels éléments seront affectés ;
quelles charges devront être reprises ;
quels renforcements sont nécessaires ;
où ces charges seront transmises ;
et comment réaliser la transformation en maintenant la stabilité du bâtiment.
Dans certains projets, la solution sera relativement simple.
Dans d’autres, l’étude montrera qu’un déplacement de la trémie, une autre orientation ou une modification de l’escalier permet de réduire fortement l’ampleur des travaux.
L’intérêt de l’ingénieur est donc autant de concevoir une solution adaptée que d’en vérifier la résistance.
Vous envisagez de créer une trémie d’escalier ?
Faracha Engineering peut analyser votre plancher existant et le projet d’escalier afin d’évaluer la faisabilité de l’ouverture et de dimensionner les reprises nécessaires.
Selon la configuration, l’étude peut comprendre l’analyse du plancher, le dimensionnement du chevêtre ou des poutres de renforcement, la vérification des appuis et les informations nécessaires à l’exécution.
Lorsque plusieurs positions restent envisageables, l’analyse peut également intervenir en amont afin d’identifier une implantation structurellement plus favorable.
L’objectif est de transformer le plancher en conservant un cheminement des charges clair et maîtrisé, pendant les travaux comme après leur achèvement.

