La position d’une trémie ne dépend pas uniquement de l’endroit où l’escalier semble le plus pratique.
Quelques dizaines de centimètres peuvent parfois modifier fortement le nombre d’éléments porteurs à couper, les appuis disponibles et l’importance du renforcement nécessaire.
Dans cet article
Quels critères déterminent la position d’une trémie ?
Pourquoi le sens de portée du plancher est-il important ?
Faut-il éviter certaines poutres ou certains appuis ?
Comment limiter les éléments porteurs à couper ?
Quelle différence entre plancher bois, béton et hourdis ?
Quand faut-il adapter l’escalier à la structure existante ?
À quel moment vérifier la faisabilité ?
Vous hésitez entre plusieurs positions pour votre escalier ?
Contactez Faracha Engineering pour comparer les implantations et identifier celle qui s’intègre le plus simplement à la structure existante.
Commencer par comprendre dans quel sens porte le plancher
C’est souvent le premier élément qui influence la position de la trémie.
Dans un plancher constitué de solives en bois ou d’éléments préfabriqués portant dans une direction déterminée, une trémie parallèle au sens de portée peut interrompre relativement peu d’éléments.
La même ouverture orientée perpendiculairement peut en couper plusieurs.
Cette différence influence directement le nombre d’éléments à reprendre, les efforts transmis autour de l’ouverture et l’importance des renforcements nécessaires.
Pour une vue d’ensemble sur la faisabilité d’une ouverture dans un plancher : Créer une trémie dans un plancher : est-ce toujours possible ?
Dans un plancher bois, cela peut faire la différence entre un chevêtre relativement simple et une reprise nettement plus importante.
Pour comprendre cette reprise plus en détail : Créer une trémie dans un plancher bois: comment reprendre les solives coupées ?
Dans un plancher en hourdis ou constitué d’autres éléments préfabriqués, l’orientation peut également déterminer combien d’éléments porteurs devront être interrompus.
Pour ce type de plancher : Créer une trémie dans un plancher en béton ou en hourdis : quelles précautions ?
La forme de la trémie doit donc être regardée par rapport à la structure du plancher, pas uniquement par rapport au plan de la pièce.
Se rapprocher d’un appui peut être intéressant
La proximité d’un mur porteur ou d’une poutre existante peut parfois simplifier la reprise des charges.
Un nouvel élément placé autour de la trémie doit en effet transmettre ses efforts à quelque chose.
Lorsque cet appui se trouve déjà à proximité, les portées des nouveaux éléments peuvent être réduites et la solution devenir plus simple.
Cela ne signifie pas qu’il faut systématiquement placer une trémie contre un mur porteur.
Encore faut-il vérifier :
comment le plancher s’appuie sur ce mur ;
quelles charges celui-ci reprend déjà ;
ce qui se trouve au niveau inférieur ;
et si le nouvel effort peut y être transmis correctement.
Mais lorsqu’un projet offre plusieurs implantations possibles, la présence des éléments porteurs existants constitue clairement un critère à prendre en compte.
Le milieu d’une grande portée peut être moins favorable
À l’inverse, une trémie située loin des murs et des poutres principales peut nécessiter des reprises plus importantes.
Les nouveaux éléments qui bordent l’ouverture peuvent devoir franchir des distances plus grandes et reporter leurs charges sur des éléments existants déjà sollicités.
La solution reste souvent réalisable, mais elle peut demander davantage de renforcement.
C’est l’une des raisons pour lesquelles déplacer une trémie de quelques dizaines de centimètres peut parfois avoir une influence importante sur le projet.
Pour le propriétaire, la différence entre deux positions peut sembler minime.
Pour la structure, l’une peut couper trois éléments porteurs alors que l’autre n’en coupe qu’un.
Il faut regarder l’étage inférieur avant de décider
C’est un réflexe particulièrement utile lors de la conception.
Prenons deux positions possibles pour un escalier.
Sous la première se trouve un mur porteur continu jusqu’à la cave.
Sous la seconde se trouve un grand séjour ouvert.
Les deux positions peuvent être parfaitement réalisables, mais les possibilités de reprise structurelle ne seront pas les mêmes.
Les charges supplémentaires créées autour de la trémie doivent pouvoir descendre dans le bâtiment.
Il faut donc regarder :
les murs porteurs du niveau inférieur ;
les poutres existantes ;
les ouvertures importantes ;
la cave éventuelle ;
et la continuité des appuis.
Ce contrôle peut parfois révéler qu’une implantation légèrement différente permet de faire coïncider la nouvelle reprise avec une structure existante beaucoup plus favorable.
Attention aux autres ouvertures déjà présentes
Une trémie n’est pas toujours la première modification apportée à un plancher.
Il peut déjà comporter :
une cage d’escalier ;
une cheminée ;
une ancienne réservation ;
une ouverture technique ;
ou des renforcements réalisés lors de précédents travaux.
Placer une nouvelle grande ouverture à proximité peut réduire fortement la quantité de plancher restant entre les deux.
Cette zone intermédiaire doit alors être capable de transmettre correctement les efforts.
Il est donc utile de considérer l’ensemble du plancher, et pas seulement le rectangle correspondant à la nouvelle trémie.
Dans une maison ancienne ayant subi plusieurs transformations, cette lecture globale devient particulièrement importante.
L’emplacement de l’escalier et celui de la trémie sont liés
Une trémie ne se dimensionne pas indépendamment de l’escalier.
Un escalier doit notamment permettre d’arriver au niveau supérieur avec une hauteur libre suffisante.
Une trémie trop courte peut conduire l’utilisateur à rencontrer le plafond avant d’avoir atteint le niveau supérieur.
Son emplacement dépend également :
du type d’escalier ;
de son orientation ;
de sa pente ;
de la hauteur entre les niveaux ;
et de la circulation souhaitée à l’arrivée.
Il faut donc éviter de raisonner uniquement en stabilité.
Une position structurellement idéale mais qui conduit à un escalier inconfortable ou mal placé n’est évidemment pas une bonne solution.
Le meilleur projet résulte généralement d’un compromis entre architecture, usage et structure.
La charpente peut limiter les possibilités dans un grenier
Lorsqu’une trémie est créée pour aménager un grenier, le plancher n’est pas le seul élément à examiner.
Il faut également regarder ce qui se trouve au-dessus.
Un escalier peut déboucher sous :
une panne ;
un élément de ferme ;
un entrait ;
une zone où la toiture est très basse.
Déplacer la trémie pour résoudre un problème de plancher peut donc créer un problème avec la charpente, et inversement.
C’est pourquoi la position doit être examinée en trois dimensions.
Le plan du niveau inférieur ne suffit pas toujours pour choisir correctement l’emplacement de l’escalier.
Les cloisons existantes peuvent aussi influencer le choix
Une cloison ne constitue pas nécessairement un appui structurel.
Mais sa présence doit être prise en compte.
La création d’une trémie peut nécessiter de déplacer certaines cloisons, tandis que de nouveaux éléments de reprise peuvent se retrouver sous ou à proximité de celles conservées.
Dans un bâtiment ancien, il faut également rester prudent : une cloison initialement non porteuse peut être entrée progressivement en contact avec un plancher déformé et reprendre localement certains efforts.
Elle ne doit donc pas être automatiquement considérée comme structurelle, mais son interaction avec le plancher mérite parfois d’être observée avant les travaux.
Peut-on placer une trémie contre une façade ?
C’est souvent possible, mais cela dépend du système de plancher et du rôle de la façade.
Dans certaines configurations, la proximité du mur extérieur peut offrir un appui intéressant.
Dans d’autres, elle peut compliquer la reprise des éléments coupés ou interférer avec :
un linteau ;
une baie située au niveau inférieur ;
la structure de la toiture ;
ou d’autres éléments locaux.
La présence d’une grande fenêtre ou d’une porte juste sous l’extrémité d’un futur chevêtre peut par exemple modifier fortement la manière dont les charges devront être reprises.
Encore une fois, un mur visible sur le plan ne constitue pas automatiquement un appui disponible pour n’importe quelle nouvelle charge.
Quand plusieurs positions sont possibles, il vaut mieux les comparer tôt
C’est probablement le conseil le plus utile.
Lorsque l’escalier n’est pas encore commandé et que le projet est toujours flexible, comparer deux ou trois implantations peut éviter des travaux inutiles.
Pour chaque position, on peut examiner :
le nombre d’éléments porteurs coupés ;
les portées des futurs renforts ;
les appuis disponibles ;
la structure située au niveau inférieur ;
les contraintes de la charpente ;
et la qualité de circulation offerte par l’escalier.
Il n’est pas nécessaire de réaliser une étude complète de plusieurs solutions si l’une apparaît rapidement beaucoup plus favorable.
L’intérêt est surtout d’éviter de découvrir après coup que l’emplacement choisi impose un renforcement lourd alors qu’une position voisine aurait permis une intervention beaucoup plus simple.
Une trémie plus petite est-elle toujours préférable ?
Structurellement, réduire les dimensions de l’ouverture peut limiter le nombre d’éléments interrompus et faciliter les reprises.
Mais la trémie doit rester compatible avec l’escalier et son utilisation.
Une ouverture trop petite peut conduire à une hauteur libre insuffisante ou à un escalier mal proportionné.
Il ne faut donc pas rechercher la plus petite trémie possible à tout prix.
Il faut rechercher la trémie suffisamment grande pour fonctionner correctement, placée de manière à perturber le moins possible la structure existante.
Faut-il choisir l’escalier ou la structure en premier ?
Idéalement, ni l’un ni l’autre de manière totalement indépendante.
Dans les projets simples, la géométrie architecturale permet parfois rapidement d’identifier une position évidente et structurellement favorable.
Dans les configurations plus contraintes, il est préférable d’avancer par échanges :
l’escalier impose certaines dimensions, la structure révèle certaines zones favorables, puis le projet est légèrement adapté jusqu’à obtenir une solution cohérente.
Cette manière de travailler est souvent plus efficace que de concevoir entièrement l’escalier avant de demander ensuite à la structure de s’adapter coûte que coûte.
Le meilleur emplacement n’est donc pas forcément celui que l’on imagine au départ
Créer une trémie reste une transformation locale du plancher.
Mais sa position peut faire varier fortement l’ampleur de cette transformation.
Avant de la figer, il est particulièrement utile de connaître :
le type et le sens de portée du plancher ;
les murs et poutres disponibles ;
la structure du niveau inférieur ;
les autres ouvertures existantes ;
les contraintes de l’escalier ;
et, dans un grenier, la géométrie de la charpente.
Une bonne implantation ne supprime pas forcément tout besoin de renforcement.
Elle permet surtout d’éviter de compliquer inutilement le cheminement des charges.
Vous hésitez entre plusieurs positions pour votre escalier ?
Faracha Engineering peut analyser le plancher et les appuis existants afin de comparer les conséquences structurelles des implantations envisagées.
Cette analyse réalisée suffisamment tôt peut permettre d’adapter légèrement la position ou l’orientation de la trémie avant que l’escalier et les travaux soient définitivement arrêtés.
Une fois l’emplacement choisi, une dernière question reste à résoudre : Faut-il un ingénieur pour créer une trémie d’escalier ?

